Le plongeur de Paestum

La Petite sauvage

Grasset, 2026.

Incipit
"
Ce n’est pas parce que depuis des années tu échoues à écrire ce que tu ne peux taire, qu’il te faut entamer ce récit dont tu ne sais plus rien. Assise sous la véranda, tu observes cet échec sans renoncer tout à fait à porter la lumière jusque dans cet espace sans rédemption où tu as vu disparaître ton lien à tes deux sœurs.

Ta mère est morte il y a sept ans, juste un an après ton père. S’en est suivie une succession fratricide où tes deux sœurs ont fait front contre toi. Rien que de très banal. Mais cette succession a rompu ta vie en deux : car elle t’a fait connaître ce qu’il en est de la haine.

Es-tu en train d’imaginer qu’un jour tu pourrais retrouver tes sœurs, les prendre dans tes bras, et que vous rentriez toutes les trois boire un chocolat chaud au coin du feu ? Ce texte est-il encore une tentative de sauver votre fratrie ? D’échapper à la perte ? Ou bien s’agit-il, plus modestement, des années après avoir renoncé à toute forme de vengeance ou de vérité, de comprendre comment la haine s’engendre au sein des fratries, à partir des familles, jusqu’à s’étendre aux peuples par-delà les nations ?"

4e de couverture

"Car la haine est partout qui désarticule notre langue, et le diable lui-même se déplace en voiture diplomatique. Je n'ai pas retrouvé la parole perdue, et il n'y aura donc rien d'autre pour nous hisser jusqu'à la haute tendresse que la parole présente..."

Ainsi se livre la "Petite sauvage", l'héroïne, le double d'enfance de Laurence Nobécourt, prise dans une des grandes guerres des familles : la succession.

Après le père, c'est la mère qui est morte, laissant trois sœurs blessées, peut-être aussi soulagées : Stella, l'aînée; Petra, et puis la Petite sauvage elle-même, celle qui écrit depuis toujours, celle vers qui tout converge, l'amour, la jalousie, la dépossession. Car il n'y a pas d'équilibre oud e justice, quand il faut répartir les biens, les séparer à jamais - maisons, tableaux, photos, livres, vaisselle : dans ce combat dérisoire et violent, il n'y a plus d'adultes, seulement des histoires d'enfance.

Alors, la Petite sauvage raconte : son père dans les dédales de l'argent et de l'extrême-droite, son oncle qui l'aima comme il ne faut pas, et tout l'arbre familial, de blessure et de répétition. En mêlant histoire intime et sociale, Laurence Nobécourt clôt, après des années, le cycle familial initié avec La Démangeaison et nous emmène vers la possibilité d'une vie nouvelle.

Presse